* Etude observationnelle 2009 « Prise en charge nutritionnelle et comportementale du surpoids et de l’obésité en médecine libérale »
1/ Intérêt des protéines dans le maintien du poids perdu et dans la prévention de l'obésité
773 adultes ont suivi un régime à 800 kcal/j pendant 8 semaines ayant conduit à une perte de poids d'au moins 8% (soit 11 kg en moyenne). Puis ces personnes ont été réparties au sein de 5 programmes alimentaires pendant 6 mois afin de déterminer le programme le plus adapté pour faciliter le maintien de la perte de poids.
Les résultats ont montré à la fin des 6 mois une reprise de poids moyenne de 0.5 kg. Cependant, cette reprise est très variable d'un groupe à l'autre : elle est nulle pour le groupe élevé en protéines et à IG bas (des pertes de poids additionnelles sont alors constatées chez certaines personnes), tandis qu'elle atteint 4.5 kg dans le groupe faible en protéines et à IG haut. Par ailleurs, le taux d'abandon dans le groupe élevé en protéines et à IG bas est le plus faible montrant donc une meilleure adhésion.
Ces résultats avaient été partiellement diffusés en 2009[1] et sont aujourd'hui confirmés
2/ Diminution de la prévalence de l'obésité chez les enfants des adultes issus de la première étude
Suivis pendant 6 mois, les enfants ont été intégrés dans les mêmes programmes alimentaires que leurs parents.
Dans le groupe qui a suivi le régime alimentaire riche en protéines et pauvre en glucides, le taux d'enfants en surpoids est spontanément tombé de 46% à 15% environ.
Les résultats de la recherche portant sur les enfants ont été publiés séparément dans la revue américaine Pediatrics.
Conclusion : l'équilibre alimentaire tel qu'il est défini par les recommandations officielles (protéines entre 12 & 15% des AET –Apports Energétiques Totaux, lipides entre 25 & 40%, glucides entre 45 & 50%) n'est donc pas adapté tant dans le cadre du maintien du poids perdu que pour la prévention de l'obésité.
* Diogenes (Diet Obesity Genes) est un projet financé par l'Union Européenne, à hauteur 14.5 millions d'Euros. Dirigée par l'université de Copenhague, elle implique 8 centres de recherche répartis en Europe. Cette étude implique l'analyse multiple des différents paramètres en lien avec l'obésité, et notamment l'alimentation, la génétique, le comportement et le développement du surpoids.
Les études publiées depuis 2005 confirment 3 points essentiels qui aident le médecin dans sa démarche de traitement de l’obésité:
- L’efficacité des VLCD en termes de perte de poids (perte de masse grasse et maintien de masse maigre) et d’amélioration des co-morbidités est confirmée dans une quarantaine d’études. Ces régimes prouvent encore et toujours leur supériorité face aux simples conseils nutritionnels ou aux conseils d’exercices physiques, face aux régimes hypocaloriques ainsi que vis-à-vis des traitements pharmacologiques.
- Le maintien de l’ensemble de ces effets sur le long terme est possible. C’est l’axe sur lequel les efforts du médecin doivent porter. Des études récentes révèlent 3 stratégies particulièrement efficaces : (1) la réintroduction progressive de l’alimentation sur 6 semaines ; (2) la combinaison d’un régime modérément hypocalorique (1800 kcal / jour) à un apport élevé en protéines (18 à 30 %) de l’apport énergétique soit une supplémentation de 30 à 50 g de protéines / jour) ; (3) le suivi médical personnalisé, régulier et dans la durée.
- L’innocuité des VLCD et des régimes riches en protéines, notamment sur la fonction rénale des sujets sans antécédents rénaux.
C. Heaulmé , B. Housez, JM. Prevel, O. Godard, E. Menat, E. Villemur, M. Cazaubiel
Prise en charge nutritionnelle et comportementale du surpoids et de l’obésité en médecine générale
Prise en charge nutritionnelle du surpoids et de l’obésité en médecine libérale
L’analyse des nombreuses données issues de cette étude a permis de démontrer une nouvelle fois l’intérêt d’un programme hypocalorique riche en protéines sous suivi médical dans la prise en charge du surpoids et de l’obésité. Le poids, comme les différents paramètres d’évaluation de la surcharge pondérale, diminue significativement au cours des 16 semaines de suivi : IMC, pourcentage de masse grasse, tour de taille et pression artérielle.
L’apport optimisé en protéines, tel que proposé dans le cadre de cette prise en charge, favorise la perte de masse grasse tout en préservant la masse maigre.
L’évolution des niveaux d’obésité et l’amélioration de facteurs de risque du syndrome métabolique sont les principaux bénéfices de cette prise en charge efficace, au regard des problèmes de santé croissants rencontrés dans la population obèse.
Le Poids Mental™ apparaît comme une aide importante dans la prise en charge du surpoids et de l’obésité. Il constitue pour le médecin un outil diagnostique et thérapeutique de suivi, de motivation et de recherche, et pour le patient lui-même un outil de compréhension, de suivi et de motivation.
These results along with those previously published help to identify psychological variables likely to predict the long-term weight-management success of obese patients. The online behavioral assessment procedure is an efficient, patient-centred and interactive method allowing the clinician to track behavioral and emotional changes, which should provide for more effective treatment of obesity.
L’amaigrissement de femmes obèses, non diabétiques, légèrement insulinorésistantes est associé à une réponse triglycéridémique postprandiale plus favorable qui ne s’explique pas uniquement par la diminution des niveaux de base des paramètres lipidiques.
Ces résultats indiquent qu’en plus d’une approche nutritionnelle, les médecins doivent accorder une attention particulière et continue aux composantes comportementales et émotionnelles du patient. En accord avec nos résultats, nous recommandons que durant le traitement de l’obésité, les paramètres psychologiques soient évalués de façon répétée puisque la deuxième évaluation et les subséquentes (pas en début de traitement) prédisent significativement la perte de poids.
- Les résultats montrent que l’amaigrissement massif initial obtenu à l’aide d’une alimentation protéinée s’accompagne d’une amélioration satisfaisante des facteurs de risques cardiovasculaires.
- Il est intéressant de noter que les troubles respiratoires nocturnes s’améliorent significativement après maintien de l’amaigrissement à 6 mois chez les patients traités initialement par une alimentation protéinée.
1. Le régime très basses calories est un outil dont la validité est établie dans le traitement de l’obésité.
2. A moyen terme, il n’a pas d’effets psycho-comportementaux négatifs.
3. Le questionnaire Poids Mental ™ permet de comprendre les raisons du succès du maintien de la perte de poids à moyens termes.
4. Quatre facteurs permettent de prédire en partie le maintien d’une perte de poids à 6 mois :
- la diminution des symptômes de stress,
- la rapidité de la modification des habitudes alimentaires,
- un régime très basses calories et
- le suivi médical régulier du patient
Les nombreux résultats de cette enquête nous ont permis d’approfondir les relations entre les motivations des patients, leurs critères cliniques, les pathologies associées à leur surpoids, le nombre de régimes pratiqués, l’ancienneté de leur surpoids et de nombreux autres paramètres.
L’analyse des données recueillies montre que les femmes sont plus nombreuses que les hommes à consulter leur médecin généraliste pour une demande de prise en charge de leur poids. Elles abordent le sujet spontanément et consultent précocement, même en l’absence de tout excès pondéral. Au contraire, les hommes ne consultent souvent que lorsque l’obésité est avérée.
Nous constatons également une disparité homme/femme concernant leurs motivations à maigrir, qui varient distinctement suivant leur IMC, leur âge et leur niveau d’étude. Il en est de même de l’impact des facteurs de risque sur les pathologies associées.
L’ensemble de ces données suggère qu’il est nécessaire, dès la première consultation, d’adapter la prise en charge du patient en demande d’amaigrissement, aux multiples critères qu’il peut présenter. Les motivations du patient, ses pathologies, son niveau d’étude, etc.. peuvent aider le médecin à construire son entretien.